RCCFC : Réseau des cégeps et des collèges francophones  du Canada
   

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Plan d'action 2006–2011

Le RCCFC désire travailler en collaboration avec divers ministères fédéraux, avec les provinces et territoires canadiens ainsi qu’avec les établissements de langue française afin de mettre en place un véritable réseau pancanadien de formation collégiale et professionnelle en français.

Le plan d’action qui suit propose des stratégies pour donner au Canada un véritable réseau pancanadien de collèges de langue française. Il ne fait aucun doute que celui-ci pourra alors contribuer, de façon encore plus marquée, à l’essor socio-économique tant des communautés francophones que du pays tout entier.

But ultime

Appuyer le développement de communautés francophones dynamiques et fortes, qui contribuent au développement social, culturel et économique du pays par la prestation de services de formation collégiale de qualité en français partout au Canada.

Résultats visés

  • Formation d’une main-d’oeuvre qualifiée, innovatrice et bilingue.
  • Renforcement des communautés francophones.
  • Augmentation du partage d’expertises entre collèges francophones.

Justification

Le succès économique du Canada passe par le développement d’une main-d’oeuvre qualifiée, innovatrice et bilingue. En tant que moteurs de développement économique, les établissements collégiaux de langue française contribuent activement à la vie économique de leurs régions respectives. Dans le présent contexte économique et social, où l’on reconnaît la nécessité des études postsecondaires, le parachèvement d’un réseau d’éducation collégiale de langue française s’impose.

Tous les francophones du pays doivent avoir accès à de la formation dans les compétences essentielles, à de la formation professionnelle et technique, et à une mise à niveau de leurs connaissances. Un accès accru permettra à un plus grand nombre de personnes d’étudier en français et d’acquérir les compétences nécessaires. Ainsi, ils seront des citoyens pleinement en mesure de contribuer à l’épanouissement social, économique et culturel de leur communauté et du
pays tout entier.

Les principales stratégies d’action se résument comme suit :
  • mise en place d’infrastructures physiques
  • développement de cours et de programmes
  • valorisation d’une formation collégiale en français
  • recrutement de clientèles
  • développement d’articulation et de partenariat
  • mise en place d’un réseau de formation à distance
  • formation de ressources humaines francophones compétentes.

Stratégie d’action 1

Mise en place d’infrastructures physiques et virtuelles qui appuient l’offre de programmes et de services collégiaux

Résultats visés

  • Augmenter l’accès.
  • Améliorer la qualité.

Justifications

Les infrastructures liées à la construction ou à l’acquisition d’équipement permettent d’augmenter l’offre de cours et de programmes ainsi que le nombre d’étudiants inscrits. La formation collégiale, à l’extérieur du Québec, est avant tout une formation technique et pratique qui prépare directement pour le milieu du travail. La prestation de programmes de qualité nécessite donc la mise en place d’équipement et d’aménagement spécialisés.

La situation des provinces et territoires varie énormément, car certaines provinces n’ont que peu ou pas d’infrastructures collégiales desservant les francophones (c’est le cas de l’Alberta, de la Colombie-Britannique, de l’Île-du-Prince-Édouard et de la Saskatchewan), alors que d’autres ont déjà des établissements (l’Ontario, le Nouveau-Brunswick, le Manitoba et la Nouvelle-Écosse), même si leurs installations ne sont pas toutes de même qualité. Par conséquent, les besoins en infrastructure vont de la construction à neuf au rajeunissement d’édifices, de l’achat d’équipement à la mise à jour et au remplacement de ce qui est devenu désuet. Il n’est pas question, ici, de chercher à combler tous ces déficits, mais seulement de citer quelques exemples de besoins susceptibles d’augmenter l’accès pour les francophones.

Ainsi, par exemple, la mise sur pied d’un centre de formation à Charlottetown et l’ajout d’une salle de classe équipée de vidéoconférence et d’un tableau électronique permettraient de diversifier la programmation offerte aux francophones de l’Île-du-Prince-Édouard. L’ouverture d’un campus du Service fransaskois d’éducation et de formation des adultes (SEFFA) dans le nord de la Saskatchewan permettrait, aux Fransaskois, un meilleur accès à la formation collégiale.

L’élargissement de la gamme de programmes offerts aux francophones par le développement de nouveaux programmes de formation entraîne nécessairement des investissements en équipement et en aménagement, voire en construction parfois. Tel est le cas du Collège universitaire de Saint-Boniface et du Collège Éducacentre à Vancouver.

Actions à prendre

  • Développer davantage les infrastructures collégiales partout au pays.
  • Améliorer la qualité des infrastructures déjà établies incluant la mise à jour d’équipement désuet.
  • Investir dans l’acquisition d’équipement et l’aménagement, voire la construction d’infrastructures.
  • Favoriser l’offre de nouveaux programmes.

Stratégie d’action 2

Développement et mise à jour de cours et de programmes collégiaux de qualité

Résultats visés

  • Augmenter le nombre de programmes dans des secteurs émergents.
  • Favoriser un meilleur accès.
  • Stimuler la demande et augmenter le nombre d’inscriptions.
  • Accroître la satisfaction des clientèles.

Justifications

Cette stratégie devrait faire augmenter le nombre de nouveaux étudiants inscrits à des programmes collégiaux de langue française, rehausser le niveau de satisfaction de la clientèle présentement inscrite ainsi qu’accroître le nombre de programmes dans des secteurs émergents. La preuve n’est plus à faire : en milieu minoritaire, l’offre de cours et de programmes doit précéder la demande et cette offre doit être de qualité.

Les récentes données de Statistique Canada quant à l’assimilation de plus en plus grande des communautés francophones démontrent à quel point il est important d’être proactif si l’on veut assurer la survie et l’épanouissement de nos communautés. La mise en place d’établissements collégiaux forts ayant un mandat clair d’appui au développement social, culturel et économique des communautés de langues officielles et offrant une programmation de qualité égale à celle des collèges de langue anglaise constitue un geste essentiel en ce sens.

Reconnaissant l’ampleur de la tâche, le Réseau des cégeps et des collèges francophones du Canada se veut un mécanisme d’appui aux établissements collégiaux de diverses provinces pour l’élaboration de leur plan de développement de programmes axés sur les besoins des employeurs dans des secteurs porteurs d’avenir. Le RCCFC est particulièrement bien positionné pour favoriser des collaborations qui ne peuvent qu’accélérer ce dossier et assurer une formation de qualité.

L’évolution rapide de la technologie et les besoins émergents du marché du travail imposent, aux établissements d’enseignement, l’obligation de rajeunir et de mettre à jour leurs programmes et d’en développer de nouveaux afin de satisfaire aux exigences de l’économie du savoir. Que ce soit, par exemple, pour développer un certificat en gestion des affaires municipales au Manitoba ou pour offrir un baccalauréat en technologie appliquée dans le secteur de la petite enfance à La Cité collégiale en Ontario, ou encore pour permettre au Collège communautaire du Nouveau-Brunswick d’accéder à des secteurs tels que l’énergie verte ou la cinématographie où il est absent, d’importantes ressources sont requises.

Actions à prendre

  • Mettre à jour les programmes et en développer de nouveaux afin de satisfaire aux exigences de l’économie du savoir, au rythme de l’évolution technologique et de l’émergence des besoins des employeurs.
  • Investir davantage dans les collaborations visant à accélérer et à faciliter l’offre de programmes de formation de qualité.
  • Accroître les capacités du RCCFC comme mécanisme d’appui aux établissements de diverses provinces dans l’élaboration de leur plan de développement de programmes dans des secteurs porteurs d’avenir.

Stratégie d’action 3

Valorisation de l’enseignement collégial en français en milieu minoritaire

Résultats visés

  • Faire connaître les avantages économiques d’une formation multilingue.

Justifications

En milieu minoritaire, la perception qui prévaut est qu’au Canada et en Amérique du Nord, le milieu du travail étant anglophone, il est préférable d’étudier en anglais pour mieux se préparer à trouver un emploi. Par conséquent, de nombreux francophones choisissent d’étudier au postsecondaire en anglais croyant ainsi augmenter leurs chances de se trouver un emploi bien rémunéré. Pourtant, dans un contexte de globalisation des marchés et de besoins pour une main-d’oeuvre multilingue, mobile et capable de s’adapter à des réalités autres, les personnes multilingues ouvertes à des réalités culturelles différentes détiennent des compétences recherchées par les employeurs.

Dans ce contexte, les collèges francophones établis en milieu minoritaire ont un avantage certain, puisqu’ils sont amenés à enseigner autant la terminologie anglaise que française et qu’ils forment des diplômés bilingues.

Cette valeur ajoutée se manifeste par les taux de placement généralement très élevés des établissements existants ainsi que par les possibilités de carrière plus intéressantes et mieux rémunérées qu’obtiennent les diplômés dès leur entrée sur le marché du travail. Des stratégies servant à illustrer cet avantage doivent être mises en place afin de faire connaître cette valeur ajoutée d’une formation dispensée par les établissements collégiaux de langue française.

Actions à prendre

  • Élaborer et mettre en oeuvre des stratégies régionales servant à illustrer cet avantage auprès des diverses clientèles cibles.
  • Recruter la clientèle.

Stratégie d’action 4

Sensibilisation accrue des conseillers scolaires, des conseillers en orientation et des clientèles potentielles au besoin de main-d’oeuvre qualifiée dans des secteurs clés

Résultats visés

  • Augmenter la clientèle.
  • Diminuer le coût per capita de la formation en français.
  • Appuyer l’intégration des nouveaux arrivants.
  • Augmenter la clientèle à faible revenu.

Justifications

Des stratégies visant l’ensemble du réseau collégial à l’extérieur du Québec et des stratégies plus régionales visant les diverses clientèles d’ayants-droit, ethnoculturelles, d’immersion, d’étudiants en continuité d’études, d’adultes, de parents et d’employeurs, permettront d’augmenter la clientèle inscrite dans des cours et programmes collégiaux. Notons que les collèges de langue française pourront, à l’instar des collèges anglophones, appuyer le gouvernement fédéral dans sa stratégie d’intégration, de formation et de mise à niveau des compétences des immigrants, notamment dans les secteurs qui ont un besoin criant de main-d’oeuvre qualifiée tels que celui de la santé.

Il y a pénurie de main-d’oeuvre dans plusieurs segments du marché du travail : les métiers, les techniciens et les technologues, les intervenants de premiers soins, les éducateurs de la petite enfance, pour n’en citer que quelques uns. Cette main-d’oeuvre est principalement formée par les établissements d’enseignement collégial. Malheureusement, ces professions sont méconnues et souvent délaissées par les francophones.

Une campagne de promotion de ces carrières et des outils promotionnels adéquats ainsi qu’une sensibilisation accrue des conseillers scolaires et des conseillers en orientation aideraient sûrement la valorisation de ces domaines et le recrutement des étudiants.

Un programme national de bourses augmentera certainement le nombre d’étudiants inscrits à divers programmes collégiaux, notamment à des programmes de formation avancée dans des secteurs de pointe. Le programme de bourses favoriserait surtout la clientèle de familles à faible revenu, notamment les nouveaux arrivants, et pourrait aider à retenir, dans leur milieu, les francophones des communautés en milieu minoritaire.

Actions à prendre

  • Élaborer des stratégies régionales visant l’ensemble du réseau collégial à l’extérieur du Québec à l’intention de diverses clientèles (ex. : ayant-droit, population, ethnoculturelle, étudiants d’immersion, étudiants en continuité d’études, adultes et employeurs).
  • Concevoir et lancer une campagne de promotion axée sur ces carrières, y compris le recours à des outils promotionnels adéquats.
  • Mettre sur pied un programme national de bourses à l’intention de la clientèle à faible revenu notamment pour les programmes de formation avancée dans des secteurs de pointe.

Stratégie d’action 5

Mise en place d’un projet d’enseignement à distance

Résultats visés

  • Augmenter l’accès.
  • Favoriser la rétention des jeunes en région.
  • Desservir les communautés éloignées.

Justification

Pour les communautés éloignées, la mise en place d’un tel réseau n’est pas un luxe, mais bien une nécessité. Cela permettra à un plus grand nombre de francophones d’avoir accès à une formation collégiale de qualité en français et favorisera la rétention en région. Le projet exigera nécessairement l’acquisition d’infrastructures technologiques, la médiatisation des cours et le développement de partenariats.

Actions à prendre

  • Investir dans le prolongement de partenariats existants pour augmenter l’accès à des cours collégiaux dispensés en français et donner aux étudiants une plus grande flexibilité.
  • Développer l’application des technologies virtuelles à l’enseignement à distance pour assurer aux francophones un accès à des moyens innovateurs de formation.

Stratégie d’action 6

Mise en place d’initiatives qui augmentent le taux de réussite scolaire

Résultats visés

  • Diminuer le décrochage.
  • Augmenter l’accès.

Justification

Les collèges jouent un rôle de premier plan dans la diminution du phénomène de décrochage chez les jeunes. La mise en application de stratégies d’encadrement des apprenants pourra contribuer à augmenter le taux de réussite scolaire. Ces stratégies doivent être adaptées aux besoins particuliers des clientèles auxquelles elles s’adressent : jeunes ayant des difficultés d’apprentissage, nouveaux arrivants, étudiants ethnoculturels, étudiants des programmes d’immersion française.

Actions à prendre

  • Développer et instaurer des initiatives de réussite scolaire et de continuité des études visant à assurer, à un plus grand nombre de francophones, l’accès aux études postsecondaires.
  • Mettre sur pied des programmes de mise à niveau, de préparation aux études postsecondaires et d’accès aux études postsecondaires.

Stratégie d’action 7

Développement de capacités en recherche appliquée

Résultats visés

  • Mieux répondre aux besoins des employeurs.
  • Stimuler le développement économique régional.
  • Assurer une meilleure articulation avec le secteur universitaire.

Justification

La recherche appliquée devient une préoccupation de plus en plus urgente pour les établissements collégiaux, autant à cause de la mise en place de baccalauréats appliqués que de la nécessité d’innover dans les méthodes de transmission des compétences et d’acquisition du savoir. Ainsi, le réseau collégial cherche à développer ses capacités afin de mieux s’outiller pour faire de la recherche appliquée. Les collèges visent non seulement à former le personnel scolaire, mais aussi à encadrer les étudiants qui pourraient s’engager dans des activités de recherche appliquée, d’innovation ou de transfert technologique. Ces besoins se manifestent en particulier au Manitoba, au Nouveau-Brunswick et en Ontario.

Actions à prendre

  • Mettre sur pied des systèmes structurés de gestion du savoir, qui prennent une importance de plus en plus significative dans le domaine de la recherche appliquée et des transferts technologiques, afin de permettre une extraction plus efficace de l’information pertinente traitant des plus récentes avancées technologiques et scientifiques dans les secteurs ciblés.
  • Favoriser l’accroissement stratégique de la recherche appliquée par l’entremise du réseau collégial francophone qui pourra faire appel, lorsque l’approche sera jugée propice, à des systèmes de veille technologique et stratégique.

Stratégie d’action 8

Coordination des activités du RCCFC et développement de partenariats

Résultats visés

  • Augmenter l’échange d’expertises entre les collèges.
  • Diminuer les coûts de courbes d’apprentissage.
  • Coordonner les activités du réseau.

Justification

Le RCCFC compte 48 membres, dont l’apport est à la fois varié et riche en ressources. Dans un tel contexte, il est crucial de mettre à sa disposition les outils permettant d’activer les forces vives, d’assurer une concertation et de favoriser une synergie, trois éléments clés de la réussite de projets.

Action à prendre

  • Doter le RCCFC de ressources qui lui permettront d’être proactif et innovateur.
Prochaine : Évaluation des coûts

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